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Ecrits Psy    

Écrits Psy

“ Enceinte ”

De nos jours, la réalité du coprs succombe à son image. Aussi entend-on en disposer, le maîtriser, le modifier, le construire... évidemment à sa guise.

L'actualité récente permet cependant de revenir sur quelques questions autour de cela.

Une chanteuse connue comparaît à celle des vaches la sujétion liée à la corporéité de la maternité. De son point de vue, seul comptait en réalité le désir d'enfant, et la mère porteuse devenait ainsi promesse de liberté et d'avenir. La mère serait celle qui désire.

Evidemment, pour soutenir ce point de vue, rien ou presque ne se passerait dans et pendant la grossesse. Aucun attachement non plus de la part de la femme enceinte avec sa "production", éventuellement destinée à un tiers.

L'histoire vécue succomberait à l'histoire du désir, sans égard pour le poids de la première et la volatilité de la seconde.

Il faut avoir du coffre, si j'ose dire, pour soutenir ce genre de point (au sens négatif du terme) de vue.

Je pense au coffre où l'on dit que la mère indigne confinait durant deux ans son enfant, si c'est bien le terme, indésirable.

Soit dit en passant, certains ont invoqué le déni de grossesse !

Qu'est-ce qu'un "déni de grossesse", sinon une invention de psychiatre en mal d'expertise ?

Rappelons que dénégation, déni et désaveu, sont les contreparties significatives (respectivement) de la névrose, la psychose et la perversion.

Lorsque la réalité vient s'opposer au déni, on voit en principe se produire une décompensation.

Or, rien de tel chez celles dont on parle à propos de se nouveau syndrome, à vrai dire à la mode.

Car si déni il y a, c'est plutôt celui du corps, du corps vécu.

La encore, le désiré s'impose de manière absolue, condamnant à la mort ou la réddition l'indésirable.

Revenons à l'ouverture du coffre, que l'on condamne ou non la mère.

A ma connaissance, après "Victor" et "Kaspar Hauser", c'est le troisième exemple du genre montrant l'atteinte irréversible, définitive résultant directement de la carence de présence maternelle, et pas seulement de soin. On pourrait aussi retourner voir ce que Lorenz dit de la formation de l'attachement, et sa place dans la formation de l'image de soi.

S'identifier commence par l'organisation sensorielle, puis motrise. Cela suppose une présence tierce investissant assez le corps pour s'y vouer malgré des exigences impératives parce qu'impérieuses. Cette présence ne vaut pas pour elle-même et elle seule. L'expérience déjà ancienne des singes de Harlow le montre. L'investissement par la mère du corps infantile l'humanise en le construisant par des gestes, dont chacun constitue l'organisation sensorielle.

Laisser le corps d'humain en friches aboutit à ce que l'humain n'y pousse plus.

Acceptera-t-on de revenir sur la toute puissance du désirable, confondant la réalité désirante avec l'idée qu'on s'en fait à tel moment ?

C'est douteux.

S'il est une écologie de l'humain, elle réside dans l'acceptation et la découverte graduelle du corps à corps, formateur de la conscience comme de l'émotion, deux ingrédients primaires de l'humain.

Mais, à l'époque où l'on revendique de disposer de soi, tout comme de vouloir l'enfant intouché (et pourquoi pas intouchable ?), pourra-t-on accepter que n'est pas de musique sans l'instrument qui l'engendre.

Le "à corps et à cris" a remplacé le "corps à corps" et la parole doit être dolente pour retenir l'attention.

Le psychisme, puis l'esprit, sont des fleurs du corps, des fleurons peut-être.

Qui donc aujourd'hui n'aimerait que l'arôme sans s'intéresser ni à la fleur ni à la plante ?

N'aimer que le parfum deviendrait un comble, poussé jusqu'à l'absurde.

Et l'odeur du corps, substrat identitaire majeur, se dissiperait sous la douche écossaise des revendications en mal de réponse.

Publié dans billet d’humeur | Laisser un commentaire

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