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Ecrits Psy    

Écrits Psy

“ Révision ou révisionnisme ”

Toute chose évolue, à moins de préférer la stase aux remaniements qu'impose toute vie. Cependant, les fondements, les principes fondateurs ne peuvent évoluer à la guise. S'ils sont démentis, c'est l'édifice qui tombe.

La mode de la psychanalyse est terminée, et sans doute depuis plus de temps qu'on ne pense. A l'avoir promenée dans les salons et les medias, elle a subi les assauts de la mode et, pis, des convenances du moment.

Tant pis pour moi si je reste attaché à ma dette, envers les praticiens que j'ai rencontrés, envers les théoriciens que j'ai lus, envers les collègues et compagnons de route, envers les anciens et les créateurs (à leurs risques et périls) tentant de réfléchir aux conditions fragiles d'une écoute toujours incertaine. Car il ne s'agit pas de l'enregistrement des plaintes ni de la rédaction d'un cahier de doléances.

Permettre à quelqu'un de sortir des affres et sujétions résultant de son histoire, avec ou sans trauma qui y déroge, suppose évidemment que l'intéressé y consente, mais aussi que le désir de vie l'emporte sur une autre forme de répétition que serait la complainte.

Au fond, il s'agit de la notion de "bénéfices secondaires" dont je crains qu'elle n'ait plus cours. On n'envisage plus que la répétition satisfasse une économie psychique assujettie, réduite ainsi à la fixité. Car l'Eros nous a fait investir ce qui était, y compris le dommageable. Sortir de l'ornière revient à dégager notre capacité d'investir des affres du sentiment de culpabilité, comme de la gloriole d'une nouvelle innocence, tout comme des "blancs" nous permettant de rester étranger à ce qui fut impensé.

De supposés psychanalystes ont fait leur une qualité qui ne s'acquiert que dans la pratique du fauteuil derrière le divan. Point d'auditoire, faut-il le rappeler ? Hors de la séance, il n'y a pas plus de psychanalyste que d'analysant.

Arrogants sont, au sens littéral, ceux qui se sont arrogés ce terme comme qualificatif. Il me semble déplorable qu'ils s'en parent pour révérer à la célébration de l'actualité, fût-elle tragique.

Comment s'étonner du rejet de cette emprise, qui ne vaut pas mieux que d'autres.

Osons espérer que la psychanalyse retrouve peu à peu la place dont elle n'avait pas à sortir, tout comme la rivière après la crue retrouverait le lit où elle a formé ses sillons.

S'il existe une théorie de la psychanalyse, elle n'est qu'au service d'une pratique d'autant plus fragile qu'elle se réinvente à chaque fois. Car faire de l'intersubjectivité la ressource d'une nouvelle compréhension n'est pas chose aisée.

Alors, il y a bien peu de place pour la glose de l'arrogance.

Mais les concepts forgés par l'expérience sont arides, parfois intransigeants. Ils ne peuvent trouver place dans la cité, fort affairée par le court terme et les phénomènes d'influence. Un concept n'a de sens qu'au sein de la théorie où il fonctionne et qui le justifie.

Alors, osons le dire, le lot de la psychanalyse n'est pas, n'a jamais été la réalité, mais le rapport que tout homme établit avec elle.

Elle ne peut par ailleurs répondre aux exigences épidémiologiques, inévitablement cumulatives puisqu'il s'agit de dénombrer les expériences. Or aucun parcours humain ne peut s'agréger à un autre sans perdre l'essentiel de ce qui le caractérise.

La singularité n'est pourtant pas l'apologie de l'individualisme, mais le préalable de toute connaissance. Comprendre une chose, c'est d'abord la distinguer de ce qui l'entoure, comme on sépare un brillant de la gangue.

Ne versons pas dans l'idéalisation, autre raccourci vers la catastrophe. Toute psychanalyse est inscrite dans un déroulement, et donc le temps.

Elle ne vise au fond qu'à dégager la parole du verbe, rendant à la première une vivacité que les refrains entonnés conjurent.

Publié dans billet d’humeur | Laisser un commentaire

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