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Ecrits Psy    

Écrits Psy

“ Quelque chose change à l'hôpital... ”

En arrivant à l’hôpital ce mois de février je découvre, fleurissant auprès des accueils, des panneaux invoquant un article de loi rappelant aux " usagers " les poursuites pénales qu’ils encourent à agresser physiquement ou même verbalement des agents hospitaliers…. en matière d’accueil on pourrait être en droit d’espérer mieux !

Le malade est bien devenu un usager à part entière, le soignant un prestataire de service et les rapports sensés les unir, maintenant contrôlés par des textes de Loi…

Ce genre de campagne entérine une modification profonde dans les rapports entre les soignants et les malades que l’on appellera désormais agents hospitaliers pour les uns et usagers du système de soin pour les autres.

Il n’y a pas si longtemps on parlait encore d’une vocation pour des professions dans lesquelles la dimension humaine était prévalente avec une forte transmission inter-générationnelle comme dans le monde enseignant, ou soignant, mais peut-on encore parler ainsi sans passer pour un ringard qui pourrait encore croire au choix d’un métier qui s’inscrirait dans une histoire familiale ou personnelle…

Vocation qui serait aujourd’hui vue comme une forme d’assujettissement à l’autre en excluant le professionnel d’un rapport qu’il voudrait symétrique à l’autre.

Vaste méprise, le malade est toujours dans une forme de vulnérabilité (dont il va se défendre comme il peut, ce peut-être par de l’agressivité) posant d’emblée la relation sur un autre plan. Le soignant, c’est son rôle, devra y répondre de la façon la plus adaptée afin de garantir les soins, les textes peuvent-ils aider cette continuité là ?

Le malade agressif, revendicateur, exigent, était hier encore, compris comme exprimant une souffrance bien plus indicible en lien avec la situation vécue, le soignant rencontré et son cortège d’évocations…. Aujourd’hui il devient l’agresseur de l’agent hospitalier et à ce titre là répréhensible. Qu’advient-il du soin présent, à venir, entre ce malade et ce soignant ?

Dans cette nouvelle économie humaine qu’en est-il alors du soin ? comment peut-on encore penser son rapport à l’autre dans le soin ?

Ne nous étonnons plus si dans ce contexte le malade, non conforme au modèle désiré, devienne un événement indésirable à lui tout seul et au même titre que l’infirmière qui se piquerait avec du matériel souillé.

Il semble qu’un nouveau pas soit franchi: on pouvait déjà s'étonner d’une politique sanitaire qui par souci du droit des usagers pouvait fort bien nous éloigner des simples besoins des malades. Aujourd’hui ce mouvement en faveur du droit touche les soignants (leur place, leur rôle…) dés lors que l’Institution ne garantit plus le sens du soin et s’en remet aux textes de Loi pour protéger son personnel.

Février 2008

Publié dans tribune libre, institution, Lien social, psychologie dynamique | Réagir | Commentaires fermés