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Ecrits Psy    

Écrits Psy

“ Amarande ”

On disait d’elle qu’elle n’était qu’une tête de linotte. Qu’est-ce qu’une linotte ? Elle comprenait à la mimique, aux gestes et parfois une certaine exaspération qu’elle n’avait pas fait ce qu’il fallait. Ses grands yeux, sa candeur et son sourire ouvraient toutes les espérances ; jusqu’à ce qu’on lui fasse grief de ce qu’elle ne comprenait pas. Sa joliesse aux allures juvéniles ne lui valait pas toujours d’atténuer les foudres qu’elle déclenchait. Son absence totale de rancune lui permettait de renouveler ses meilleures intentions, alors même que l’on s’évertuait en vain à obtenir d’elle plus de rigueur, plus d’attention. Elle rencontrait ainsi beaucoup de désespoir, sans que jamais lui soit venu à l’esprit qu’elle y fût pour quelque chose. Bien que ses rencontres avec les autres lui aient ainsi renvoyé obstinément l’image d’une certaine tristesse du monde, elle poursuivait sa découverte patiente et attendrie d’émotions et d’inspirations qui, la plupart du temps, la submergeaient. Car elle était tellement dans les choses qu’on la croyait absente. Enfant, elle s’étonnait de voir que toutes les équerres (et les écoliers ne manquaient de malice pour parvenir à en avoir une) comportent toutes la même forme, pour ne pas dire les mêmes angles. Qu’il y en ait un qui soit identique, certes, puisque c’était le principe même de l’équerre que d’avoir un angle droit ! Mais les deux autres ? Elle avait essayé, comparé pour finir par se convaincre que toutes les équerres du monde avaient les mêmes angles. Qui plus est, elle en ignorait le nom. Un des trois angles était mis en vedette, mais au détriment des deux autres. Alors, elle en vint à penser qu’avec ces deux angles invariables, on pouvait sans doute entreprendre tous les dessins, toutes les mesures, toutes les formes géométriques. Naturellement, elle n’eut jamais la moindre idée de la manière de s’y prendre ; mais elle commençait à avoir l’habitude que les choses se dérobent quand elle voulait s’y attacher. Son domaine était la surface des choses, la plus grande étendue. Son regard embrasserait ce que le monde offre, et non ce qu’il recèle.

A l’école du village, année après année, elle acquit ou on lui fit une place bien à elle. Alors qu’à tous maîtres et maîtresses demandaient graduellement davantage, elle disposa progressivement d’un destin d’exception, justifié sans doute par une incommensurable gentillesse. Les demandes les plus diverses devenaient peu à peu son apanage, dès lors qu’il s’agissait d’aller chercher, ici ou là dans l’école, quelqu’un ou quelque chose : Une éponge neuve dans le bureau de la directrice, une boite de feutres, ou encore des photocopies. Elle put ainsi connaître plusieurs classes dans la même école, puisqu’elle rendait des services lui permettant souvent de circuler. Il faut dire aussi qu’elle connaissait la plupart des élèves, pour s’être trouvée dans leur classe. Si eux changeaient de classe, ce n’était pas si souvent son cas ; aussi avait-elle du plaisir à retrouver ses camarades d’un temps lorsque l’occasion venait. Elle parvint à connaître assez bien tous les lieux de l’école, dont, en particulier, ceux auxquels il n’était pas permis d’accéder ; comme cette loge, près de l’entrée, qui servait aussi bien à l’accueil des enfants le matin que de sas d’entrée vers les appartements de fonction de quelques-uns des enseignants. Ce privilège constituait la preuve de la confiance qu’elle souhaitait tant qu’on lui fît, et dont, des années durant, elle constata que beaucoup ne la croyaient pas digne. 

Pour tous, le terme s’imposait de la fréquentation de l’école primaire. Le village en comportait au moins trois. Une fois venu le temps et l’âge du collège, il fallait se rendre à la ville ; ce que les transports organisés facilitaient, à la grande satisfaction de tous. Amarande avait été triste lorsque sa sœur aînée partit, imposant de fait qu’elle se rendît désormais à l’école par ses propres moyens, avec, qui plus était, la responsabilité de la petite sœur. A vrai dire, les parents comptaient davantage sur la petite pour veiller au grain, puisqu’ils se faisaient progressivement à l’idée que les qualités des unes n’étaient pas celles des autres. Amarande ne partit jamais à la ville. Lorsque sa petite sœur atteignit la dernière des classes, son statut de plus grande vacilla, puisqu’elle comprit que, l’année d’après, sa sœur partirait pour la ville et non pas elle ; hormis que ses prérogatives dans l’école la mettaient à part. Tous étaient encore des enfants lorsqu’ils partaient pour entrer en sixième. Elle, elle avait pris des formes, et les regards des plus grands des garçons perdaient en innocence ce qu’ils avaient gagné en intérêt. Peut-être fut-ce là une des raisons pour lesquelles parents et enseignants se sont convaincus mutuellement qu’il ne servirait à rien de lui imposer un destin commun dont, d’évidence, tout la séparait chaque jour davantage. Elle demeurait cependant tout agrément et sourire, et la suspension de toute exigence coïncidait avec un emploi tout trouvé : elle était là, accorte et disponible, familière des lieux et ravie de répondre à tout ce que l’on pouvait espérer et qui soit à sa portée. En outre, elle aimait toucher, et sa main caressait les choses avec justesse de sorte qu’on la disait plutôt adroite. Sa distraction n’allait jamais à leur détriment, d’autant qu’elle aimait ce qui est beau, et de manière aussi spontanée que sûre.

Un jour arriva un nouveau directeur. Jusque là, c’était l’un ou l’autre des instituteurs qui en faisait fonction, partageant leur temps plus ou moins heureusement, disant à l’occasion qu’ils n’y trouvaient aucun avantage. Depuis quelques années, parents et enseignants demandaient un poste de plus, dont ils espéraient qu’il apporterait de la souplesse et de la jeunesse dans l’école.

Ce fut un directeur. Au moins, cela conférait-il à l’école une importance nouvelle. Et cet homme organisé, rationnel et logique ne tarda pas à se demander ce qui se passait avec Amarande, belle jeune fille certes, mais qui n’était plus une enfant en âge de fréquenter l’école primaire. On ne pouvait non plus la considérer comme employée. Elle se trouvait ainsi à la fois trop âgée et trop jeune. En outre, aucune fonction précise ne lui était dévolue. Avait-elle d’ailleurs la moindre qualification ? Ou même était-elle en âge d’occuper un emploi dont, par ailleurs, n’existait pas le poste ? Faudrait-il rencontrer monsieur le Maire, puisqu’il lui appartenait de gérer les personnels de service ? Du reste, pour apprendre à se connaître, il faut bien régler ensemble quelque affaire commune.

On sait seulement ce qu’il advint. Non qu’elle fût rétive, la jeune fille fut considérée comme indésirable. Un comble, puisque la féminité qui s’insinuait discrètement en elle retenait volontiers l’attention. Ou peut-être même était-ce là une raison de plus. Mais ni monsieur le Directeur ni monsieur le Maire n’osaient prendre de front la bienveillance qui avait présidé à ce parcours original dans l’école et la commune. On ne savait que faire d’elle, où la mettre, mais au moins savait-on où n’était plus sa place. Lorsque les intelligences concourent sans succès vient le temps des bonnes volontés. C’est pourquoi leur vint l’idée d’aller voir au château. La commune s’enorgueillissait de ce patrimoine ; d’autant plus que, pour supporter la charge croissante de l’entretien, les châtelains avaient ouvert à la visite du public le parc et une partie de la bâtisse, en contrepartie de quelques subsides. Il n’était jamais que du XVIIIème, et personne de bien célèbre n’y avait résidé. Mais enfin, la commune avait son château ! L’évolution des choses et des mœurs avait conduit à s’entendre, d’autant que la communauté des intérêts ressortait à la faveur des projets. Le châtelain voulut bien prendre la jeune fille à son service, en contrepartie de quelques avantages. Tout d’abord, il conviendrait que Madame puisse juger par elle-même des qualités de la jeune fille, pour autant que l’on pût concevoir pour elle une place pertinente. Et puis il y eut aussi quelques transactions et accords, puisqu’un service en vaut un autre. Le destin d’Amarande se trouva ainsi un temps mêlé aux affaires de la commune, sans qu’elle ne sût jamais rien de l’importance qu’elle avait paradoxalement conquise.

Madame ne fut pas longue à constater que l’exigence ne vaut rien à Amarande ; pas davantage du reste que l’organisation. Dès lors qu’on la met dans un cadre, gaucherie et distraction prennent les contours d’une sorte de mauvaise volonté alors que l’ingénue n’évite d’être malheureuse que par son incurable plaisir de la vie. Elle tenta de l’initier au service de la table, au moins pour porter les plats, si ce n’était servir. Manquait toujours quelque chose, de sorte que le besoin d’autre présence revenait à l’idée de se priver de celle de la jeune femme. En revanche, elle montra une attention émerveillée envers de jolies pièces d’orfèvrerie, à commencer par d’imposants chandeliers d’argent, et une passion démesurée pour deux magnifiques horloges : une horloge à balancier qui trônait dans l’entrée, et une magnifique pièce d’art, avec des personnages en mouvement, finement décorée et pesant près de la moitié de son poids d’or. Madame eut une appréhension certaine, prise de l’envie de protéger son bien ; à bon droit pour des choses aussi précieuses et rares. Bien lui prit de n’en pas tenir compte. Avec douceur, délicatesse et un attrait respectueux, l’apprentie servante approcha graduellement ces richesses, toute accaparée par elles et n’ayant de cesse que les rendre plus belles encore, les dépoussiérant avec délicatesse, les frottant patiemment jusqu’à retrouver un lustre parfois perdu. Madame avait en toutes choses un goût très sur, et elle sentit qu’il y aurait un domaine au moins où elle pourrait faire confiance à cette jeune paysanne : celui des belles choses. Elle comprit alors qu’il convenait de l’apprivoiser plus que la commander. Elle l’introduisit donc à la découverte de tout ce que le château pouvait comporter de rare, de particulier ou de précieux. Etoffes, tentures, soieries, vêtements, parures, bijoux, bibelots, vitrines chargées, meubles, et même vaisselle soigneusement gardée à l’abri d’un usage menaçant ; y compris quelques porcelaines d’origines diverses, comme exposant la singularité des manières. Au fur et à mesure que s’ouvrait l’accès, Madame s’étonna de découvrir chez la jeune fille apparemment un peu simplette une délicatesse aussi rare que les objets qui la suscitaient. Alors, elle décida qu’il en irait de la jeune femme comme de ces choses, au luxe aussi inutile qu’essentiel.

C’est ainsi qu’Amarande devint châtelaine. Enfin, à l’en croire, pour autant qu’on eût accès à l’intimité de ses pensées. Une chose était de comprendre ce qui lui était arrivé ; autre chose de comprendre ce qui se passait pour elle. Elle avait bien compris, et d’assez longue date, comment sa mise en marge la dispenserait d’être mise à l’écart. Elle se nourrissait pourtant de ces élans, ces sourires et ces lueurs dans les yeux des autres, et ne voyait aucune méchanceté dans les moments de déception les conduisant trop souvent à perdre toute aménité. Elle avait compris n’avoir pas ce qu’il fallait pour que s’ouvre le monde ordinaire, et l’idée se forma progressivement en elle qu’elle avait en fait un destin d’exception. Lorsque, grandissant à l’école, elle circulait entre les uns et les autres que les devoirs séparent (puisque l’exigence scolaire pèse sur chacun), elle entrevit que la proximité, la vraie, n’est dans nulle demande, nulle attente, mais seulement une présence, aussi discrète qu’évidente. Ce qui s’impose au regard y trouve sa raison d’être. La beauté des choses l’illuminait plus sûrement qu’elle ne la sollicitait. Allant à elle, elle se transformait, l’éclat des unes parant les autres, comme une lumière se réverbérant à l’infini.

Amarande conquit de fait une latitude, les autres diraient une liberté, lui permettant de consacrer son temps à l’agencement des choses qui l’initiaient par leur secret à la qualité du geste. Elle trouva, en elle et autour, assez de confiance pour circuler de plus en plus à son gré, notant là où elle pouvait, nettoyer, arranger, réparer quelquefois. Elle se sentit consacrée lorsque Madame lui confia l’entretien de ses toilettes les plus précieuses, dont il fallait préserver l’état que l’on en usât ou point. Amarande restait à sa place, mais sa place changeait. Elle ne rangeait plus, mais mettait en valeur, pas plus qu’elle ne nettoyait, mais entretenait et restaurait. Elle apprit à connaître chacune de ces pièces dans son entier, avec ce qui la constituait de meubles, d’objets et de décorations, dont il s’agissait de découvrir le plus harmonieux équilibre : il doit être une place pour chaque chose, qu’il convient de trouver. Elle aimait aussi, dans les moments de satisfaction qui la rendaient rêveuse, contempler de chacune des grandes fenêtres tant le parc où tout mettait en évidence que jamais ne sont deux jours semblables que la cour d’accès que pierres, murs et statues transformaient en dessin. Les lieux la pénétraient, l’habitaient, la transformaient, devenaient siens. Et lorsque sa justesse lui valait l’approbation de Madame, sans qu’il soit besoin d’en rien dire, son plaisir diffusait jusqu’à retrouver l’intemporalité de rêves qui étaient son réel univers.

Amarande resplendissait de l’équilibre qui la comblait, aimant à traverser le village une fois sa journée finie. Elle saluait les uns et les autres, s’arrêtant au besoin, souvent davantage pour une fleur que pour une conversation que, de toute manière, elle ne saurait soutenir. Les jardiniers faisaient en sorte, au château, qu’il y ait des fleurs en toute saison. A l’occasion, elle en prenait une. Il arriva qu’elle revînt à la maison les mains chargées d’un bouquet, que ce soit à l’initiative d’un jardinier qu’elle le dût, ou à la connaissance que Madame avait de ce qui la touchait. Son domaine de tous temps, ce village était passé sous sa protection depuis qu’elle avait accédé à de hautes destinées que personne, à part quelques mauvaises langues, ne contestait. Elle aimait prendre tout son temps avant de retrouver les siens, ses parents en fait. Les deux sœurs faisaient parfois la surprise de leur venue, mais elles étaient devenues citadines, accaparées par des obligations, des responsabilités qui, à les en croire, prenaient plus d’elle qu’elles ne leur donnaient de satisfaction. Elle était heureuse de les voir, de les entendre parler d’abondance, de trouver ses parents impressionnés par des enfants qui sont devenus « quelqu’un » comme on dit. Elle était ravie, au sens propre, emportée ailleurs par ce qu’elle éprouvait de sentiments forts et tendres qui l’éloignaient de ce monde réel où s’épuisent ceux qui peuvent. Sans cela, elle eût pu se trouver jalouse de n’avoir jamais eu tant de place, tant d’intérêt à la maison, et aux yeux de ses parents. Mais elle était convaincue que ce que vivaient ses sœurs constituait la vraie vie, celle des gens qui comptent, et auxquels les parents n’appartiendront jamais ; et moins encore elle, préservée, innocente en quelque sorte, troublée en tous cas et émue par la vivacité intelligente et empressée des ces proches si lointains.

Il faut sans doute avoir beaucoup déçu pour conquérir le privilège d’en être libéré à jamais, désormais disponible à accepter les doléances de ceux qui s’épuisent à vouloir faire au mieux. Elle avait été bouleversée, souvent attristée, par les mésaventures amoureuses de son aînée, qui lui avaient fait pressentir la proximité d’élans qu’elle caressait en secret et redoutait de ne pouvoir transformer en gestes. Elle comprit combien la vie était injuste, là comme ailleurs, là plus qu’ailleurs, puisque toutes les qualités du monde ne valent rien. Elle la vit rayonnante, puis affligée, et Amarande s’embrasait autant pour l’un ou l’autre de ces moments, triste de n’avoir pas su atteindre le monde, et donc inapte à soulager ses proches dans les moments de blessure, comme à partager des moments jubilatoires. Elle ne put se résoudre à croire sordides, ordinaires ou décevantes les choses de l’amour, et mit au compte de la vie d’aujourd’hui que l’essentiel d’un jour ne soit que l’épreuve d’un temps. Il fallait donc être fort dans ce monde-là, et si son aînée n’y parvenait, autant dire sa propre chance à elle d’être restée dans un monde préservé.

Un beau jour, parce que c’était un beau jour, à la mi-journée, à ce moment où Amarande aimait à faire la pause parce qu’on était au service de midi et que l’atmosphère industrieuse ne lui convenait guère, elle descendait vers la mare, flânant dans les allées aux parterres discrètement fleuris. Le terrain la conduisait en pente douce au bosquet où les bancs de pierre surplombaient la pièce d’eau, toujours maintenue assez claire par un savant système de filtration naturelle. Elle entendit grincer le portail sans y attacher d’importance, même s’il était inusité que l’on passât par ici pour aller au village. Ne plus entendre les pas sur le gravier lui fit lever les yeux, tout comme parfois c’est l’arrêt d’un bruit qui nous interpelle plus que sa survenue. Fin et élancé, baluchon à l’épaule sur une veste de feutre vert, casquette assortie, un homme l’avisait, à quelques mètres à peine. Suspendu plus qu’arrêté, il la regardait bouche bée, gêné ou troublé comme s’il l’avait dérangée ou surprise. C’était comme une image de rêve qu’elle reconnaissait alors même qu’elle ne l’avait jamais vue. Elle se souvenait de ce mot : « vair », qu’elle s’était lassée de ne pas savoir écrire. Dans sa tête, il s’agissait d’un tissu dont la couleur s’imposait par le même mot. Il était tout de vert, jusqu’au pantalon de toile rêche et brute. Cependant, il bredouillait, parlant de jardiniers qu’il devait rejoindre. Elle entendait sa voix, grave, mais timbrée de sorte qu’elle était audible sans effort. Pour autant, elle n’écoutait rien de ce qu’il disait ; sa voix seulement. Elle s’était ancrée dans son regard parce qu’il ne la quittait pas des yeux, et ils auraient pu rester ainsi des heures, sans que rien de la maladresse de l’un ne dérangeât le charme intemporel où l’autre s’immergeait.

Il feint de demander :

« C’est ici, le château ? »

De tout son être, baignée de ces lieux, désormais son domaine, accueillant celui qu’elle avait reconnu, elle ne put trouver que les mots les plus simples, disant tout, et le reste. Le reste d’ailleurs n’aurait plus jamais d’importance :

« Vous y êtes ! »

Il arrive aussi, parfois, que qui rencontre un prince n’y voie qu’un crapaud.

Publié dans nouvelle, relation au monde, psychopathologie, psychologie dynamique | Laisser un commentaire

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