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Ecrits Psy    

Écrits Psy

“ Ces sujets à la mode ”

En ces temps de progrès social, et non seulement de déconfiture économique, la nouvelle question démocratique serait donc celle du mariage pour tous, litote pour ne point dire "mariage des homosexuels". Par chance, nous avons un Président qui, quoique normal, est soucieux des opinions diverses qui lui inspireraient un respect d'autant plus grand que chacun sait comment il est, personnellement, impliqué dans l'institution du mariage. Parce que la République, le saviez-vous?, s'intéresse aux opinions. On aurait pu penser qu'elle se soucie d'équité, et quelles que soient les opinions!

De quoi s'agit-il? Préciser le propos pourrait le simplifier. Dès lors qu'il s'agit de volonté républicaine, il s'agit du mariage civil, puisqu'il paraît que l'Etat est séparé de l'Eglise, une fois épuisés tous les services que celle-ci a pu lui rendre. En effet, l'Etat se souciait de la population comme le berger de son troupeau, et ceux qui faisaient des listes (de baptêmes) étaient des religieux. Le comptage du cheptel avait donc trouvé ses scribes. Sauf que les individus devenus mâtures se reproduisent, accroissant le cheptel. Alors, le repérage des "feux" comme on disait, ou foyers (appellation bientôt obsolète), a prescrit que l'état-civil reprenne à son compte les listes, de mariage cette fois. Parce que le mariage, au départ, est un sacrement, inévitablement religieux, et donc lié, plus ou moins heureusement, à une idée de transcendance. Ainsi disait-on que l'on s'engageait, jadis, lorsque l'on pensait moins aux clauses de ruptures qu'à la verticalité inhérente à tout voeu.

Si l'on interroge l'Etat, alors en effet, que ne garantit-il l'équité, réfractaire qu'il doit être à tout ostracisme. Dès lors, la distinction pouvait s'imposer entre mariage civil et mariage religieux, puisque les autorités religieuses ont à gérer leurs propres prérogatives. Autant dire qu'il eût été plus simple de faire, une fois pour toutes, le distinguo: le mariage civil pouvait ainsi devenir une union civile, et le caractère laïc et républicain aurait ouvert le droit à l'union à tous, quels que soient... voir par ailleurs les libertés garanties par la constitution et les droits de l'homme. Ainsi donc, la république peut s'occuper de manière horizontale et équitable, délaissant la verticalité symbolique à ses aléas comme à ses spécialistes. Ainsi l'union civile ouverte à tous aurait pu convenir aussi bien à la fille amoureuse de son père, au petit-fils court-circuitant l'héritage de mémé, et autres situations que la morale réprouve... Mais la morale n'est pas une spécialité républicaine, hormis celle de la vertu des élites.

Unissons-les, et laissons se marier, ou non, ceux qui veulent s'adresser à un au-delà des hommes. Horizontalité d'un côté, verticalité de l'autre. Dès lors, le Président n'aurait à se soucier de convictions dont il avouerait qu'elles ne sont pas de son ressort.

Vive donc l'union pour tous! Et surtout en ces temps où il faudrait faire oeuvre commune, scellant la solidarité par le ferment républicain et laïc, exhortant chacun à aller vers ses semblables (homo), et un peu moins vers ceux qui sont différents (hétéro). Ceux qui sont différents, à vrai dire, commencent à exagérer; entre ceux qui s'accaparent le travail, et ceux qui viennent ici le prendre, ou même user de droits que la république ne réserve plus à ses seuls ressortissants.

En définitive, il ne s'agit que d'une évolution somme toute naturelle vers la régression de toute forme d'ostracisme, chose en soi incontestable. Fin donc du mariage (civil) et donc bienvenue à l'union pour tous.

Le mariage a sans doute en effet épuisé ses charmes depuis que l'instutionnalisation s'est parachevée par les numérotations diverses s'assurant de nos destins. Doit-on alors craindre que le symbolique, et l'enfant qu'elle produit quand elle rencontre le réel (la symbolisation) soit désormais forclos? Naturellement non, puisqu'il ne s'agit que de constater comment la république gestionnaire s'en détourne, tout comme le comptable et gestionnaire doit plus son industrie à ce qui est qu'à ce qui peut être. Chacun aura son, ou ses, fournisseur de symbolique, tout comme son accès à internet; les prèlèvements remplaceront les oboles.

Le fisc sans doute, mauvais esprit par nature, scrutera attentivement comment les unions patrimoniales dissoudront l'un dans l'autre; ce qui montrera au moins que certains de soucient de différences dont il faudrait préserver la nature et le sens. Manque de poésie alors que désormais les princes pourraient doter Manon.

Enfin, clarifier le propos en parlant de la fin du mariage au profit de l'union distinguerait de fait la question de l'enfance. Oui, ai-je dit: enfance, et non enfant. Car je ne sais que penser de ces diatribes invoquant le droit (de chacun) à l'enfant. Je croyais que l'enfance imposait par elle-même la charge de ses besoins à l'autre constitué comme garant et donc parent. Mais il y aurait là une sorte de verticalisation, une asymétrie fâcheuse où l'un devrait à l'autre, le devoir de protection venant abraser toute question de désir et de convenance. Mais la république, je l'ai dit, se soucie d'équité. Parent deviendrait alors une fonction "normale", horizontale, comme les autres. Tu me gardes le petit parce que j'ai des courses à faire. Oh! Et puis brisons-là! Car enfin, que faire de ces anciennes croyances qui paraissent quasiment antirépublicaines?

Jetons bas le mariage, et puis les discriminations, les ostracismes, comme toute prérogative attachée à des différences. Au moins le gendarme n'aurait-il plus la charge de verbaliser, mais seulement celle d'assister chacun à verbaliser son voisin lorsqu'il exagère. Car enfin le droit n'est-il pas, décidément, le même pour tous?

Publié dans billet d’humeur | Laisser un commentaire

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